Malgré un « NON », la victoire des autonomistes !

Drapeau écossais

Les Ecossais n’accéderont pas à l’indépendance à court terme. Tel est le verdict du scrutin. Les raisons du « NON » majoritaire ont été souvent mises en évidence avant le vote, et elles se sont révélées pertinentes pendant. D’abord, le conservatisme naturel d’une partie des électeurs les a figés dans la peur de l’inconnu, un sentiment que l’on a identifié et connaît partout. Cette peur a été abondamment et artificiellement alimentée : par exemple, on a dit aux électeurs que les banques installées à Edimbourg allaient déménager pour Londres ! Dans ce contexte, le sondage donnant le « OUI » en tête à deux jours du scrutin a joué contre les indépendantistes. Enfin, de nouvelles promesses de Londres ont fini par assurer la victoire du « NON ».

Quelle conclusion faut-il tirer de cette consultation populaire ? Que, malgré le résultat, les partisans du « OUI » ont gagné. D’abord, ils ont fait reconnaître le droit à l’autodétermination du peuple écossais. De cette reconnaissance formelle découlera un accroissement sensible d’un pouvoir déjà conséquent en mains indépendantistes. En somme, c’est un « OUI » à l’aspiration autonomiste de l’Ecosse que, de leur côté, les Anglais ont dû concéder afin d’éviter l’option indépendantiste. Et s’ils se renient dans les mois qui viennent, alors ils concourront à la relance du débat et, à terme, ouvriront la porte à la création du nouvel Etat écossais.

Le référendum écossais est extrêmement réjouissant parce qu’il a fait comprendre, non seulement à la Grande-Bretagne, mais au monde entier, que le droit d’autodétermination des peuples n’a rien perdu de sa valeur depuis son intégration dans le droit international public et son inscription dans la Charte des Nations Unies en 1945. Grâce aux Ecossais aujourd’hui, grâce aux Catalans et à d’autres demain, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes s’impose plus que jamais au monde « globalisé » qui veut à tout prix broyer la diversité humaine au profit d’un ultralibéralisme économique assassin.

Tout peuple qui se reconnaît et est reconnu comme tel est légitimé à se donner le système politique de son choix sur son territoire ancestral. Dans leur propre histoire depuis l’annexion du Jura au canton de Berne en 1815, les Jurassiens n’ont eu de cesse de s’appuyer sur cette légitimité-là pour conquérir leur liberté. Malheureusement, ni le canton de Berne ni la Confédération ne l’ont respecté et, recourant au droit positif suisse, ont bafoué le droit international public au lendemain du 23 juin 1974, œuvrant ainsi activement à la division du Jura. Mais rien n’est fini, et l’Ecosse vient de nous faire la brillante démonstration que, quelles que soient les embûches électorales, la libre disposition des peuples reste une référence vivante et prometteuse. Merci aux Ecossais !

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