Foutoir français

Regard fielleux, discours acrimonieux, dégaine martiale, idéologie rétrograde, maquillage vampire, Marine Le Pen, mascara excepté, est le portrait de son père. Se démarquer de son géniteur en l’excluant du FN ne la rend pas plus fréquentable. Je commence par elle parce qu’elle est favorite du premier tour, voire du deuxième si le spectacle continue.

L’écart entre les visées de Macron et les vues de Hollande relève de la nano-marge. Ancien conseiller spécial du Président, puis son ministre de l’économie, on n’est pas étonné de constater que le programme d’« En marche » pourrait être celui d’un second quinquennat hollandais, ce qui lui promet quelques difficultés. Reconnaissons cependant que sa volonté de dépasser l’algarade partisane mérite d’être saluée.

L’obstination de Fillon dans le reniement de la parole donnée rappelle les heures de gloire du petit Nicolas, effluves d’encens, excuses (mais pourquoi s’excuse-t-il, s’il est innocent ?) et amnésie en sus. Le « collaborateur » et le « maître » se nourrissent au même combustible. Gardien de la morale catho, le pharisien suit les traces de son inspirateur. Soyons juste, il faut lui reconnaître un certain courage dans l’adversité, et ceux qui le fuient, tout obsessionnellement préoccupés par leur avenir, risquent bien de s’en mordre les doigts.

Qui donc trouver de bien dans le foutoir électoral ? Le prospère Hamon, dont le « Canard Enchaîné » révèle l’opulence domestique (ce n’est pas un crime) et les cachotteries qu’il en fait ? Jean-Luc Mélenchon, que j’ai envie de plébisciter, tant l’éloquence, la culture et la sincérité de l’engagement m’émeuvent, mais qui ne sera jamais président de la République ? Bayrou, auquel François Mitterrand prédisait un destin présidentiel, l’un des rares politiciens à écrire ses propres livres (cf. son excellent ouvrage sur Henri IV), qui voulait « surpasser » un clivage gauche-droite légitime lorsqu’il génère de vraies visions pour le futur, mais dont les porte-parole respectifs ne sont pas à la hauteur ? Juppé, qui a pris une raclée imméritée lors de la « primaire » et a payé seul pour les turpitudes de son maître Chichi ?

Inutile de pleurer sur les disparus, de gauche ou de droite. Ils sont morts pour un moment. Le beau Peillon qui a joué le jeu pitoyable de la sournoise Aubry pour fusiller Valls, qui avait tout de même l’expérience du pouvoir, est heureusement et définitivement enterré. Copé l’intrigant ou Lemaire le prétentieux sont « réduits », pour un temps, le plus long possible, il faut le souhaiter. Démonétisée, la fille à papa Morizet est aussi inspirée que l’inconsistante Hidalgo ou que l’atrabilaire Rachida Dati. Inutile d’aller plus loin.

Je finis la lecture du dernier « canard », l’affreuse feuille de chou qui a le tort de dire la vérité et d’honorer son indépendance : ce n’est que fric, fraude discale, trafic d’influence, frasques pipeulesques ! Paris est une fête, proclamait jadis Hemingway ! Paris est une désespérance, s’exclamerait-il aujourd’hui au gré d’un bourdon cuité. A vous dégoûter d’aimer la France. Mais la France, ce n’est pas sa classe politique, c’est plus que cela. Bien plus que cela. (PAC)

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