50e anniversaire de l’APF

Séance de la Commission politique de l’APF du 9 juillet 2017 à Luxembourg.

Rapport de la Section Jura de l’APF.

Présidence : Jacques Legendre, Sénateur, France

Prise de parole : PAC, député, président de la Section

Pour rappel, le canton du Jura est né de sa séparation d’avec le canton de Berne auquel le Congrès de Vienne l’avait remis en 1815. Un vote de libre disposition du peuple jurassien, le 23 juin 1974, a permis à la moitié de son territoire historique d’accéder au rang de canton suisse. L’autre moitié est restée sous juridiction du canton de Berne germanophone.

Ce qu’on appelle chez nous la Question jurassienne n’est donc pas résolue puisque la souveraineté étatique au sein de la Confédération n’a été acquise que sur la partie nord de la terre ancestrale.

Cette situation, qui ne satisfait pas le Jura, donne lieu depuis longtemps à des revendications allant dans le sens du remembrement de la patrie jurassienne. Fondée sur la défense de leur identité culturelle, identité intimement liée à la langue française, la volonté des Jurassiens de restaurer leur unité dans un même Etat confédéré reste un idéal et un objectif politique à réaliser.

C’est ainsi que, après 43 ans d’engagement pro-jurassien, la principale ville du sud du Jura resté bernois, la ville de Moutier a, sous la pression politique et au gré d’un processus initié par les deux cantons sous l’égide de la Confédération, obtenu le droit de se déterminer sur son appartenance cantonale. Ce vote a eu lieu le dimanche 18 juin.

Ce 18 juin, jour béni pour les Jurassiens, une majorité de Prévôtois (c’est ainsi que l’on appelle les habitants de Moutier) s’est prononcée en faveur de son union avec la République et Canton du Jura, en faveur de son retour dans sa famille naturelle que constitue notre canton. Dix mille Jurassiens réunis à Moutier sous un soleil radieux ont accueilli le résultat de ce vote dans une liesse extraordinaire, dont la presse suisse et internationale s’est fait largement l’écho.

Dans notre pays, et singulièrement pour les Jurassiens, ce qui s’est passé le 18 juin est sans conteste l’événement politique le plus important de l’année dans une Suisse tranquille, arbitre des conflits territoriaux ou culturels qui peuvent surgir en son sein.

En tant que député du Canton du Jura, vous me trouvez aujourd’hui, dans la grande famille francophone, particulièrement heureux.

Publicités