Sous les crânes, la tempête fait rage

Les phraseurs francophones bernois, et pour cause, ne tarissent pas de paroles à l’emporter, ni ne font abstinence de sottises, encore moins de galéjades. Sous la « toiture » de nos génies, la tartarinade tient lieu de programme, l’enfumage de péché mignon, être cocus de grand dessein. Ainsi qu’en témoignent quelques-unes de leurs dernières et  brillantes déclarations, on n’a pas fini de s’ébaudir dans les chaumières où la jugeote n’a rien cédé à l’aveuglement anti-jurassien ou à l’accoutumance bernée.

11 février 2014 dans le Quotidien jurassien. Dans un larmoyant courrier des lecteurs, Marcelle Forster, passionaria de la gauche bernolâtre, dit tout son dégoût de l’UDC après le vote suisse sur « l’immigration massive ». Comiquement suffoquée, elle vomit sur cette « droite dure, incapable d’entrer en discussion afin de trouver des solutions consensuelles » ! Quelle charge, mes amis, et quelle constance dans la condamnation outrée !  Et alors ? Avant le 24 novembre, Madame Forster en photo aux côtés du contribuable et chef de meute d’extrême droite Pierre-Alain Droz, avec en arrière-plan une affiche traitant Elisabeth Baume-Schneider de sorcière, était-ce une hallucination, une illusion ou un mirage ? Pleurnichez, récriminez, désolez-vous, Madame, tout le monde vous suit !

12 février 2014 à Corgémont, raout des partis bourgeois. Selon le Journal du Jura, Manfred Bühler récidive et « constate que les trois quarts des gens ont estimé qu’il n’y avait pas besoin de changer grand-chose » au statut politique du Jura sous tutelle bernoise. Depuis longtemps, le « plus » du statu quo bat de l’aile dans la bouche du crack de l’UDC. Mais, réplique un phénix radical à résidence jurassienne, « nous allons prouver à ceux qui disent que le CJB est une coquille vide qu’ils se trompent ! » Prouvez, colonel, prouvez ! Nous sommes par avance admiratifs des médailles que vous glanerez sur le front de la bernophilie qui vous émoustille, vaillant hussard à babouches et taille-crayon !

18 février 2014 à Tavannes. Débat Perrenoud-Bühler relaté par le Quotidien jurassien. « Parler du Jura méridional ? Excusez-moi, ça m’énerve », éructe le Conseiller d’Etat en quête de suffrages bourgeois-bernois! Les autonomistes de toute obédience n’ont plus qu’à réfléchir… Et le psychiatre-stratège n’en reste pas là. Pouvez-vous donner des garanties quant à l’avenir de l’Hôpital de Moutier? lui demande-t-on. La réponse s’abat sur le questionneur comme un tomahawk sur la bobine d’un barbu : « Aucune ! » Alors, s’apercevant qu’il s’est trahi sous l’œil goguenard du concurrent saisissant l’aubaine d’un contrepied mortel, le socialo-Bernois se ravise et aggrave son cas, prétendant que «le changement de canton peut être une épée de Damoclès sur l’avenir de l’Hôpital de Moutier », et que celui-ci « a besoin de ses deux pieds pour garantir l’avenir, ce qui n’est pas tout simple»… Après la gaffe électorale, la gastro verbeuse. Touillez, retranchez, rectifiez, bernez, camarade, et, sans rire, allez voir ailleurs s’ils n’ont pas quelque voix à vous offrir !

Pierre-André Comte

JL/20.02.2014

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Le combat pour l’identité

« Le Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ) a pour but d’affranchir le peuple jurassien de la domination bernoise. Il lutte pour un Etat souverain, membre de la Confédération suisse, formé des territoires concernés par l’acte de libre disposition du 23 juin 1974. » Ainsi est libellé le but statutaire auquel notre mouvement ne renoncera jamais. Il est assorti de ce corollaire fondamental: la défense des intérêts généraux du Jura, le caractère français des six districts romands, l’indépendance de l’Etat jurassien et la sauvegarde de l’esprit et des principes dont il s’est nourri dès sa fondation.

C’est donc la poursuite d’une double mission qui nous incombe. L’identité jurassienne dans la partie francophone du canton de Berne, chacun le constate, est placée sous une menace institutionnelle et culturelle permanente. Le sud du Jura, rattaché ou non à la Conférence régionale Bienne-Seeland à nette dominance germanique, continuera de subir la menace d’une déculturation fatale. Avec une classe dirigeante pro-bernoise plus encline à la compromission qu’à la contestation, il n’est aucune illusion possible. Béquille de l’insignifiance politique, la course à la prébende illustrera de plus belle les catalogues électoraux de ses fiers représentants « loyalistes »!

En face, la République et Canton du Jura existe et conserve sa liberté d’exprimer un soutien constant à l’affirmation de l’idéal de l’unité jurassienne. Personne n’est en droit de lui faire le grief d’espérer qu’un jour la réunification du Jura corrige l’erreur de 1815. Parlons-en précisément de ce qui fut plus qu’une faute historique, une vile manigance fondée sur la négation des intérêts des Jurassiens. N’est-il pas temps de se préoccuper des célébrations qui marqueront le bicentenaire de l’annexion du Jura au canton de Berne ? Rappeler à la conscience du peuple comment fut réglé son sort ne revient-il pas à le prévenir des dangers de demain, quand, laissant à d’autres le soin de régir son existence, il s’accommodera d’un destin tronqué ? Notre responsabilité commune à ce propos est engagée.

Mais avant cela, nous fêterons en 2014 le 40e anniversaire du plébiscite libérateur du 23 juin 1974. Une réflexion est en cours sur la façon de mettre en valeur ce qui fut l’affirmation suprême du droit d’autodétermination du peuple jurassien sur l’ensemble de son territoire ancestral. Que chacun y réfléchisse et se manifeste. Nous avons toujours rendez-vous avec le combat pour la vérité et la justice.

Ils ont lu Mandela à l’envers

Ils ont eu la victoire arrogante. M. Bühler, futur conseiller d’Etat, a déployé ses drapeaux et Mme Graber a décrété que la notion de peuple jurassien devait à tout jamais disparaître du langage politique ! Bouffis de morgue, ils ont sur l’instant espéré tout haut que les relations interjurassiennes redeviendraient plus actives, cela tout en voulant « éradiquer » – mot à la mode dans leur bouche – les partis autonomistes ! C’est ce qu’on appelle familièrement « un culot d’allemand ». Voilà donc des gens qui pendant la campagne ont abondamment injurié les autonomistes et la République et Canton du Jura, allant jusqu’à recourir aux crachats nauséeux d’un ex-professeur bernois, scélérat parmi les scélérats, qu’ils sont allés chercher à Porrentruy pour insulter l’histoire du Jura, les voilà qui voudraient maintenant qu’on enfile nos fringues de réveillon pour nous précipiter dans leurs bras et célébrer la fraternité berno-jurassienne ! Ils ont lu Mandela à l’envers, les pittoresques issus des préalpes bernoises et leurs complices Droz et Aubry-Moine !

 

S’il est « naturel » que Manfred Bühler, d’Aeschi, et Anne-Caroline Graber, de Sigriswil, veulent absolument se débarrasser de la « notion de peuple jurassien », ils doivent comprendre qu’ayant appris à lire dans les mêmes livres d’école que les autres élèves jurassiens des six districts francophones, je puis avoir une autre vision qu’eux de l’histoire du peuple jurassien. Et parlons-en du peuple jurassien, précisément. Le poète Arthur Nicolet, de Mont-Tramelan, qui renvoie l’ours à sa caverne, le Pasteur Morel de Corgémont et son projet d’un seul Etat, libre et souverain, pour un canton du Jura dans la Confédération en 1814, Virgile Rossel de Tramelan, auteur du Code civil suisse partageant le rêve de l’indépendance du Jura ancestral, et Roland Béguelin, le libérateur, toujours de Tramelan, n’appartenaient-ils pas au peuple jurassien reconnu par la Constitution bernoise du 29 octobre 1950, peuple établi sur l’ensemble de sept districts historiques ? Les faussaires ont beau se défoncer, ils n’élimineront jamais le peuple jurassien d’un trait de plume ni d’un glaire.

 

Les Bernois francophones1 installés dans le sud du Jura historique ne seront pas étonnés si on leur dit que pour tout Jurassien bien né la Question jurassienne ne sera résolue qu’au jour de la restauration de l’unité du Jura. Berne n’en finira avec nous qu’une fois cet objectif atteint, et nous y mettrons le temps qu’il faudra, nous où les générations qui prendront la relève.

 

1 Le soir du 24 novembre, les amis et supporters de MM. Bühler et Graber ne sont-ils pas venus hurler « Ici, c’est Berne ! » devant l’Hôtel de la Gare à Moutier ? Il faut donc bien qu’on les appelle par leur nom.

 

La faïence dont on fait les bidets !

Ces derniers jours, plusieurs notables bernois francophones établis dans nos vallées jurassiennes se sont donné le mot pour bruyamment espérer conserver des relations de coopération avec la République et Canton du Jura. Ne pouvant plus s’appuyer que sur l’institution la plus ridicule imaginable et imaginée – le Conseil régional de la Berne francophone1 -, pilotée par un colonel à la retraite, qui trahit allègrement l’esprit du régiment qu’il commanda, et un fondateur tourne-veste du Mouvement universitaire jurassien, aussi solide dans ses convictions que le Préfet Marti, rédacteur des statuts d’Unité jurassienne ( !), ils s’inquiètent déjà du sort qui leur sera réservé au sein de l’ensemble « Bienne-Seeland-Berne francophone » ! Conservant la mémoire des injures que les malhonnêtes hommes lui réservèrent, le canton du Jura n’aura qu’une réplique à leur opposer : allez donc vous faire voir chez les Bernois d’à côté ! Vous appartenez désormais, Bernois germanophones et Bernois francophones et antijurassiens, à la même famille, non ? En pensant à eux, au colonel particulièrement, qui se voyait en Helmut Kohl réunificateur, maugréa et rumina sa vengeance dans son coin parce que Dick Marty lui souffla la présidence de l’AIJ, je me rappelle cette phrase de Marie-France Garaud à propos de Chirac au temps des grands manœuvres pompidoliennes, phrase qu’on me permettra de plagier pour la dédier à qui de droit : « Je croyais que von K était du marbre dont on fait les statues. En réalité, il est de la faïence dont on fait les bidets. »

1 Conseil du Jura bernois jusqu’au 24 novembre 2013, CRBF depuis, le Jura bernois n’existant plus.

Les urnes et les mufles ont parlé

Les urnes ont parlé, et j’en prends acte. Contrairement au Conseiller d’Etat Philippe Perrenoud, camarade démocrate qui me prie d’aller « penser ailleurs » s’il me prenait l’envie de continuer de «penser autrement » dans mon propre pays (Forum RTS du 24 novembre), je respecte l’expression démocratique et n’en ai jamais fait l’instrument du moindre ostracisme. Perrenoud, si. Dégagez! dit-il en termes choisis. Perrenoud emboîte le pas des ultras du Groupe Sanglier, ceux-là mêmes avinés ou à jeun qui étalent au grand jour leur bêtise crasse. Perrenoud sur les genoux d’une extrême droite antiséparatiste toute intéressée à le faire basculer dans le vide, Perrenoud et Dame Forster au bras du contribuable émérite Pierre-Alain Droz, le même qui giflait le grand humoriste Houriet dans les rues de Tavannes alors qu’il beuglait sa haine du Jura à l’occasion d’une Fête de la jeunesse jurassienne (!), quel tableau, mes amis, et quelle classe, camarades ! J’entends encore cette militante sincèrement de gauche, dimanche soir, me susurrer: « Il a bientôt fini ses sciences le Perrenoud, le Bühler va l’éjecter vite fait du Gouvernement bernois ! » Belle lucidité, car c’est exactement ce qui va se produire, et les camarades Gagnebin et consorts en seront tout marris. De majorité rose-verte, le Gouvernement bernois sera livré à une mainmise bleu-marine-brune ! Et puis les mêmes iront manger dans la main de ceux qu’ils auront si généreusement servis, les priant de bien vouloir recouvrir de chair le squelette du « statut quo+ », l’arnaque du siècle que le très inspiré Philippe Perrenoud, sur le siège éjectable qu’actionnera la droite réactionnaire sous l’œil indifférent des autonomistes, présente sans rougir comme l’exemple le plus extraordinaire de pouvoir régional au monde ! Un pouvoir exercé par le Conseil du Jura bernois, l’ineffable assemblée disposant d’un budget équivalant à la moitié de celui de la commune de Sonceboz-Sombeval (4,5 mios contre 8,8 mios)! Passons. Philippe Revaz m’a demandé à l’émission ce qu’aurait dit Roland Béguelin au soir du 24 novembre. Malheureusement, je n’avais plus en tête la fameuse réplique de notre secrétaire général, que j’aurais servie avec plaisir et qui me revient à l’esprit : « Moutier est l’os sur lequel l’Ours bernois se cassera les dents » ! Nous y sommes.  PAC

Une campagne digne et enthousiaste

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Ce n’est pas encore la veillée d’arme, mais on y est presque. Une soirée sans réunion, hormis la sortie de tout à l’heure pour un collage d’affiches. Quelques heures de libre donc, propices à une première réflexion sur le déroulement de la campagne. Elle fut intense et donna lieu à de magnifiques rencontres et d’exceptionnels engagements individuels et collectifs.

Les fédérations du mouvement ont effectué un travail extraordinaire. Honneur aux comités qui ont pris les choses en main. Les jeunes, quant à eux, ont été admirables. Ils nous ont fourni les plus sures garanties pour l’avenir et la résolution de la Question jurassienne dans la concorde et l’unité.

Et puis, la chance nous a été donnée d’œuvrer aux côtés de personnalités remarquables, jamais en reste pour une action à entreprendre, pour un texte à écrire ou pour un conseil à donner, avec toujours à l’esprit l’objectif et les principes auxquels on ne déroge pas. La campagne se voulait fondée sur l’argumentation ; elle le fut fidèlement.

Ce soir déjà, je voudrais saluer le MAJ et ses mouvements affiliés, AFDJ et AJE, un Groupe Bélier exemplaire,  le Comité Un Jura nouveau, le Mouvement universitaire jurassien, le Comité construire ensemble, les partis politiques, les « donateurs », les bénévoles et les organisateurs de manifestations. Cela me paraît parfaitement légitime, et nous aurons l’occasion d’y revenir.

Il nous reste quelques jours pour conclure. C’est le dernier effort, et chacun l’accomplira avec enthousiasme, je n’en doute pas. En avant les amis, c’est l’heure !