Le Jura est debout

BELIER

Discours prononcé à l’occasion de la 50e Fête de le jeunesse jurassienne – Moutier, le 15 mars 2014

Chers amis de la jeunesse jurassienne,

Chers amis jurassiens,

 L’anniversaire célébré le 15 mars symbolise la volonté, l’endurance, la fidélité à une cause légitime. Le sort du Jura n’est pas négociable. Son avenir ne se règle pas au gré d’une péripétie électorale. L’unité du Jura ne se brade pas sur l’autel d’un faux débat démocratique. Et, quoi qu’en disent les vainqueurs provisoires du 24 novembre, quoi qu’en pensent les censeurs du militantisme jurassien, un jour où l’autre nous nous retrouverons, de nouvelles explications seront nécessaires, de nouveaux votes interviendront. Peu importe leur nombre, nous finirons par rétablir la justice, par redonner au Jura historique les droits qu’il a sur son territoire ancestral. Les Jurassiens ont toujours su se relever de la défaite. Pourquoi en irait-il autrement au lendemain du funeste automne de 2013 ? Soyons confiants et, passant le flambeau à la jeunesse, à côté d’elle, poursuivons sans faillir la mission que nous a légué l’histoire. Merci aux organisateurs de la Fête de la jeunesse de nous permettre de redire l’essentiel à la face de ceux qui pensent que l’affaire est réglée, et que les Jurassiens sont ravalés au rôle de figurants. Rien n’est fait. Tout reste à faire. Et, à ce propos, nous abandonnons le domaine des fantasmes à nos contradicteurs.

 Merci à la jeunesse jurassienne de nous offrir une tribune pour dire notre reconnaissance au Groupe Bélier. Il a été, de cette jeunesse, l’inspirateur au cours des « années de braise », il demeure son inspirateur au moment de la confirmation d’un idéal, au moment de la renaissance d’une parole que personne, jamais, ne saura faire taire. Dans la longue et virulente histoire de l’indépendance jurassienne, le Groupe Bélier occupe une place centrale, et nul ne lui retirera ses mérites. Au contraire, nous avons à les saluer et à les montrer en exemple. Nous avons affronté ensemble des périodes difficiles, alternant avec des temps plus heureux. Parce que nous vous soutenions, nous avons connu la critique des « belles âmes » ; vous avez éprouvé le blâme de vieux précepteurs nostalgiques ; nous avons dédaigné l’injonction de vous condamner ; vous recevez la leçon des nouveaux prédicants ; nous essuyons celles de sermonneurs pontifiant à l’envi. Rien n’y fit, personne n’y peut, et rien n’y fera. Comme le dirait un brillant auteur anonyme du XVIIIe siècle, en bon expert de la conscience publique et aimant le style, qu’il me plaît de citer le jour-même de l’ouverture de la Semaine de la langue française, « la plupart des maîtres – ceux qui le sont où aspirent à le devenir – voudraient avoir des serviteurs qui eussent des pieds de cerf, des oreilles d’âne, des mains qui ne fussent pas poissées, la bouche cousue, et qui ne leur demandassent jamais rien » ! Si l’on attend aujourd’hui des Béliers qu’ils se réservent à une si triste destinée, si l’on espère de nous que nous courbions le front et cédions au renoncement, alors on se trompe lourdement. Personne ne nous dessaisira du devoir qui nous incombe.

 La campagne du 24 novembre aura eu pour avantage de mettre en lumière la consolidation de la jeunesse militante, magnifiquement incarnée par le Groupe Bélier, de même que l’émergence d’une jeunesse jusque-là absente du débat pour des raisons qui lui sont propres, rejoignant le mouvement des idées progressistes, revendiquant son identité, celle que nous partageons tous ici, prenant la mesure des enjeux et révélant d’extraordinaires talents aux tribunes politiques. La relève est là, qu’on se rassure !

 La jeunesse jurassienne existe bien, bouge, s’exprime, promet au Jura de vivre et revivre les inévitables évolutions de son statut vers l’aboutissement de sa cause. Peu importe qu’on nous dise que cela relève du rêve. Le cœur et la raison finiront par l’emporter.

 Pour l’heure, pensons à la seconde phase du processus initié par les gouvernements dans leur « déclaration d’intention » du 20 février 2012. Nous sommes entrés de plein pied dans la phase du « vote communaliste », qui prend une allure décisive, ici même à Moutier, l’objet de toute notre attention, le lieu où se joue l’impact d’une victoire décisive pour le Jura.

 Moutier et sa région ont entre leur main les conditions d’une réunification future du Jura. Il faut que chacun comprenne bien cela : en devenant jurassienne, Moutier fournit au Jura historique l’occasion d’une nouvelle réflexion collective sur un avenir peut-être lointain, mais seul apte à préserver son patrimoine, son caractère et son originalité francophones. Hier soir, en délégation, nous étions dans le district de Courtelary, avant-hier soir dans celui de La Neuveville, et les échos de ces lieux laissés à l’incompréhensible choix du 24 novembre sont unanimes dans la bouche des Jurassiens qui y demeurent : Moutier doit partir, Moutier, par son adhésion au canton du Jura, doit ouvrir un nouveau chantier, susciter un nouvel espoir, car sa nouvelle appartenance aura des répercussions qu’aucune personne sensée ne pourra négliger dans le reste d’un Jura-Sud en prise avec ses contradictions. Voilà ce qu’on nous a dit, et voilà ce que nous rapportons aux Prévôtois. Alors, chers amis, préparons-nous au choc et, sans attendre, entrons en campagne aux côtés de la majorité autonomiste de Moutier, de son maire, de ses élus, auxquels les Jurassiens du Nord et du Sud savent gré de défendre et de conduire leur ville avec brio, détermination, constance et vigueur.

 J’en termine, chers amis, en vous conviant le samedi 14 juin à Moutier, pour « Faites la Liberté » et les « Etats généraux du mouvement », un rendez-vous capital au gré duquel nous débattrons et statuerons sur notre ligne politique, post-24 novembre. Ne manquez sous aucun prétexte d’être des nôtres. Puis, une semaine plus tard à Saignelégier, nous participerons ensemble à la première commémoration centralisée du 23 juin. Ce sera le dimanche 22, en famille, entre amis, Jurassiens réunis, nous célébrerons comme il se doit le 40e anniversaire du plébiscite libérateur. Enfin, réservez les 13 et 14 septembre, dates de la Fête du peuple jurassien, qui est en phase active de réorganisation et de préparation.

 Un dernier mot : n’oubliez pas d’aller voter dans 15 jours pour les candidats autonomistes au Grand Conseil et au CJB. Ils méritent votre soutien ! Et nous devons, dans des circonstances aussi difficiles que celles d’aujourd’hui, faire en sorte d’assurer la meilleure représentation possible des Jurassiens dans les institutions concernées.

 Nous voilà au clair sur nos prochains pas et nos prochaines démarches, et, chers commentateurs qui nous imaginiez plongés dans un inextricable désarroi, vous voilà prévenus. Les Jurassiens gardent la tête haute et sont bien décidés de ne pas s’en laisser compter. Le Jura est debout ! Dans sa Lettre à un otage, Saint-Exupéry dit que « la vérité de demain se nourrit de l’erreur d’hier ». La vérité, celle du Jura, celle de son unité sur un territoire qui lui appartient depuis la nuit des temps, cette vérité-là, accident de l’erreur, finira par s’imposer. Faisons-en la promesse à ceux qui nous écoutent. Vive la jeunesse jurassienne ! Vive le Jura libre, de Boncourt à La Neuveville !

Pierre-André Comte

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Sous les crânes, la tempête fait rage

Les phraseurs francophones bernois, et pour cause, ne tarissent pas de paroles à l’emporter, ni ne font abstinence de sottises, encore moins de galéjades. Sous la « toiture » de nos génies, la tartarinade tient lieu de programme, l’enfumage de péché mignon, être cocus de grand dessein. Ainsi qu’en témoignent quelques-unes de leurs dernières et  brillantes déclarations, on n’a pas fini de s’ébaudir dans les chaumières où la jugeote n’a rien cédé à l’aveuglement anti-jurassien ou à l’accoutumance bernée.

11 février 2014 dans le Quotidien jurassien. Dans un larmoyant courrier des lecteurs, Marcelle Forster, passionaria de la gauche bernolâtre, dit tout son dégoût de l’UDC après le vote suisse sur « l’immigration massive ». Comiquement suffoquée, elle vomit sur cette « droite dure, incapable d’entrer en discussion afin de trouver des solutions consensuelles » ! Quelle charge, mes amis, et quelle constance dans la condamnation outrée !  Et alors ? Avant le 24 novembre, Madame Forster en photo aux côtés du contribuable et chef de meute d’extrême droite Pierre-Alain Droz, avec en arrière-plan une affiche traitant Elisabeth Baume-Schneider de sorcière, était-ce une hallucination, une illusion ou un mirage ? Pleurnichez, récriminez, désolez-vous, Madame, tout le monde vous suit !

12 février 2014 à Corgémont, raout des partis bourgeois. Selon le Journal du Jura, Manfred Bühler récidive et « constate que les trois quarts des gens ont estimé qu’il n’y avait pas besoin de changer grand-chose » au statut politique du Jura sous tutelle bernoise. Depuis longtemps, le « plus » du statu quo bat de l’aile dans la bouche du crack de l’UDC. Mais, réplique un phénix radical à résidence jurassienne, « nous allons prouver à ceux qui disent que le CJB est une coquille vide qu’ils se trompent ! » Prouvez, colonel, prouvez ! Nous sommes par avance admiratifs des médailles que vous glanerez sur le front de la bernophilie qui vous émoustille, vaillant hussard à babouches et taille-crayon !

18 février 2014 à Tavannes. Débat Perrenoud-Bühler relaté par le Quotidien jurassien. « Parler du Jura méridional ? Excusez-moi, ça m’énerve », éructe le Conseiller d’Etat en quête de suffrages bourgeois-bernois! Les autonomistes de toute obédience n’ont plus qu’à réfléchir… Et le psychiatre-stratège n’en reste pas là. Pouvez-vous donner des garanties quant à l’avenir de l’Hôpital de Moutier? lui demande-t-on. La réponse s’abat sur le questionneur comme un tomahawk sur la bobine d’un barbu : « Aucune ! » Alors, s’apercevant qu’il s’est trahi sous l’œil goguenard du concurrent saisissant l’aubaine d’un contrepied mortel, le socialo-Bernois se ravise et aggrave son cas, prétendant que «le changement de canton peut être une épée de Damoclès sur l’avenir de l’Hôpital de Moutier », et que celui-ci « a besoin de ses deux pieds pour garantir l’avenir, ce qui n’est pas tout simple»… Après la gaffe électorale, la gastro verbeuse. Touillez, retranchez, rectifiez, bernez, camarade, et, sans rire, allez voir ailleurs s’ils n’ont pas quelque voix à vous offrir !

Pierre-André Comte

JL/20.02.2014

Le combat pour l’identité

« Le Mouvement autonomiste jurassien (RJ-UJ) a pour but d’affranchir le peuple jurassien de la domination bernoise. Il lutte pour un Etat souverain, membre de la Confédération suisse, formé des territoires concernés par l’acte de libre disposition du 23 juin 1974. » Ainsi est libellé le but statutaire auquel notre mouvement ne renoncera jamais. Il est assorti de ce corollaire fondamental: la défense des intérêts généraux du Jura, le caractère français des six districts romands, l’indépendance de l’Etat jurassien et la sauvegarde de l’esprit et des principes dont il s’est nourri dès sa fondation.

C’est donc la poursuite d’une double mission qui nous incombe. L’identité jurassienne dans la partie francophone du canton de Berne, chacun le constate, est placée sous une menace institutionnelle et culturelle permanente. Le sud du Jura, rattaché ou non à la Conférence régionale Bienne-Seeland à nette dominance germanique, continuera de subir la menace d’une déculturation fatale. Avec une classe dirigeante pro-bernoise plus encline à la compromission qu’à la contestation, il n’est aucune illusion possible. Béquille de l’insignifiance politique, la course à la prébende illustrera de plus belle les catalogues électoraux de ses fiers représentants « loyalistes »!

En face, la République et Canton du Jura existe et conserve sa liberté d’exprimer un soutien constant à l’affirmation de l’idéal de l’unité jurassienne. Personne n’est en droit de lui faire le grief d’espérer qu’un jour la réunification du Jura corrige l’erreur de 1815. Parlons-en précisément de ce qui fut plus qu’une faute historique, une vile manigance fondée sur la négation des intérêts des Jurassiens. N’est-il pas temps de se préoccuper des célébrations qui marqueront le bicentenaire de l’annexion du Jura au canton de Berne ? Rappeler à la conscience du peuple comment fut réglé son sort ne revient-il pas à le prévenir des dangers de demain, quand, laissant à d’autres le soin de régir son existence, il s’accommodera d’un destin tronqué ? Notre responsabilité commune à ce propos est engagée.

Mais avant cela, nous fêterons en 2014 le 40e anniversaire du plébiscite libérateur du 23 juin 1974. Une réflexion est en cours sur la façon de mettre en valeur ce qui fut l’affirmation suprême du droit d’autodétermination du peuple jurassien sur l’ensemble de son territoire ancestral. Que chacun y réfléchisse et se manifeste. Nous avons toujours rendez-vous avec le combat pour la vérité et la justice.

Ils ont lu Mandela à l’envers

Ils ont eu la victoire arrogante. M. Bühler, futur conseiller d’Etat, a déployé ses drapeaux et Mme Graber a décrété que la notion de peuple jurassien devait à tout jamais disparaître du langage politique ! Bouffis de morgue, ils ont sur l’instant espéré tout haut que les relations interjurassiennes redeviendraient plus actives, cela tout en voulant « éradiquer » – mot à la mode dans leur bouche – les partis autonomistes ! C’est ce qu’on appelle familièrement « un culot d’allemand ». Voilà donc des gens qui pendant la campagne ont abondamment injurié les autonomistes et la République et Canton du Jura, allant jusqu’à recourir aux crachats nauséeux d’un ex-professeur bernois, scélérat parmi les scélérats, qu’ils sont allés chercher à Porrentruy pour insulter l’histoire du Jura, les voilà qui voudraient maintenant qu’on enfile nos fringues de réveillon pour nous précipiter dans leurs bras et célébrer la fraternité berno-jurassienne ! Ils ont lu Mandela à l’envers, les pittoresques issus des préalpes bernoises et leurs complices Droz et Aubry-Moine !

 

S’il est « naturel » que Manfred Bühler, d’Aeschi, et Anne-Caroline Graber, de Sigriswil, veulent absolument se débarrasser de la « notion de peuple jurassien », ils doivent comprendre qu’ayant appris à lire dans les mêmes livres d’école que les autres élèves jurassiens des six districts francophones, je puis avoir une autre vision qu’eux de l’histoire du peuple jurassien. Et parlons-en du peuple jurassien, précisément. Le poète Arthur Nicolet, de Mont-Tramelan, qui renvoie l’ours à sa caverne, le Pasteur Morel de Corgémont et son projet d’un seul Etat, libre et souverain, pour un canton du Jura dans la Confédération en 1814, Virgile Rossel de Tramelan, auteur du Code civil suisse partageant le rêve de l’indépendance du Jura ancestral, et Roland Béguelin, le libérateur, toujours de Tramelan, n’appartenaient-ils pas au peuple jurassien reconnu par la Constitution bernoise du 29 octobre 1950, peuple établi sur l’ensemble de sept districts historiques ? Les faussaires ont beau se défoncer, ils n’élimineront jamais le peuple jurassien d’un trait de plume ni d’un glaire.

 

Les Bernois francophones1 installés dans le sud du Jura historique ne seront pas étonnés si on leur dit que pour tout Jurassien bien né la Question jurassienne ne sera résolue qu’au jour de la restauration de l’unité du Jura. Berne n’en finira avec nous qu’une fois cet objectif atteint, et nous y mettrons le temps qu’il faudra, nous où les générations qui prendront la relève.

 

1 Le soir du 24 novembre, les amis et supporters de MM. Bühler et Graber ne sont-ils pas venus hurler « Ici, c’est Berne ! » devant l’Hôtel de la Gare à Moutier ? Il faut donc bien qu’on les appelle par leur nom.

 

La faïence dont on fait les bidets !

Ces derniers jours, plusieurs notables bernois francophones établis dans nos vallées jurassiennes se sont donné le mot pour bruyamment espérer conserver des relations de coopération avec la République et Canton du Jura. Ne pouvant plus s’appuyer que sur l’institution la plus ridicule imaginable et imaginée – le Conseil régional de la Berne francophone1 -, pilotée par un colonel à la retraite, qui trahit allègrement l’esprit du régiment qu’il commanda, et un fondateur tourne-veste du Mouvement universitaire jurassien, aussi solide dans ses convictions que le Préfet Marti, rédacteur des statuts d’Unité jurassienne ( !), ils s’inquiètent déjà du sort qui leur sera réservé au sein de l’ensemble « Bienne-Seeland-Berne francophone » ! Conservant la mémoire des injures que les malhonnêtes hommes lui réservèrent, le canton du Jura n’aura qu’une réplique à leur opposer : allez donc vous faire voir chez les Bernois d’à côté ! Vous appartenez désormais, Bernois germanophones et Bernois francophones et antijurassiens, à la même famille, non ? En pensant à eux, au colonel particulièrement, qui se voyait en Helmut Kohl réunificateur, maugréa et rumina sa vengeance dans son coin parce que Dick Marty lui souffla la présidence de l’AIJ, je me rappelle cette phrase de Marie-France Garaud à propos de Chirac au temps des grands manœuvres pompidoliennes, phrase qu’on me permettra de plagier pour la dédier à qui de droit : « Je croyais que von K était du marbre dont on fait les statues. En réalité, il est de la faïence dont on fait les bidets. »

1 Conseil du Jura bernois jusqu’au 24 novembre 2013, CRBF depuis, le Jura bernois n’existant plus.

Les urnes et les mufles ont parlé

Les urnes ont parlé, et j’en prends acte. Contrairement au Conseiller d’Etat Philippe Perrenoud, camarade démocrate qui me prie d’aller « penser ailleurs » s’il me prenait l’envie de continuer de «penser autrement » dans mon propre pays (Forum RTS du 24 novembre), je respecte l’expression démocratique et n’en ai jamais fait l’instrument du moindre ostracisme. Perrenoud, si. Dégagez! dit-il en termes choisis. Perrenoud emboîte le pas des ultras du Groupe Sanglier, ceux-là mêmes avinés ou à jeun qui étalent au grand jour leur bêtise crasse. Perrenoud sur les genoux d’une extrême droite antiséparatiste toute intéressée à le faire basculer dans le vide, Perrenoud et Dame Forster au bras du contribuable émérite Pierre-Alain Droz, le même qui giflait le grand humoriste Houriet dans les rues de Tavannes alors qu’il beuglait sa haine du Jura à l’occasion d’une Fête de la jeunesse jurassienne (!), quel tableau, mes amis, et quelle classe, camarades ! J’entends encore cette militante sincèrement de gauche, dimanche soir, me susurrer: « Il a bientôt fini ses sciences le Perrenoud, le Bühler va l’éjecter vite fait du Gouvernement bernois ! » Belle lucidité, car c’est exactement ce qui va se produire, et les camarades Gagnebin et consorts en seront tout marris. De majorité rose-verte, le Gouvernement bernois sera livré à une mainmise bleu-marine-brune ! Et puis les mêmes iront manger dans la main de ceux qu’ils auront si généreusement servis, les priant de bien vouloir recouvrir de chair le squelette du « statut quo+ », l’arnaque du siècle que le très inspiré Philippe Perrenoud, sur le siège éjectable qu’actionnera la droite réactionnaire sous l’œil indifférent des autonomistes, présente sans rougir comme l’exemple le plus extraordinaire de pouvoir régional au monde ! Un pouvoir exercé par le Conseil du Jura bernois, l’ineffable assemblée disposant d’un budget équivalant à la moitié de celui de la commune de Sonceboz-Sombeval (4,5 mios contre 8,8 mios)! Passons. Philippe Revaz m’a demandé à l’émission ce qu’aurait dit Roland Béguelin au soir du 24 novembre. Malheureusement, je n’avais plus en tête la fameuse réplique de notre secrétaire général, que j’aurais servie avec plaisir et qui me revient à l’esprit : « Moutier est l’os sur lequel l’Ours bernois se cassera les dents » ! Nous y sommes.  PAC